ABOUT

Fabio Lopez Gonzalo, alias Dourone, est un artisan philanthrope, un artiste éclectique dont le travail est reconnaissable au premier coup d’oeil… un “style” à lui tout seul.

Fabio est né dans la région de Madrid en 1985. Comme de nombreux autres artistes urbains, tout a commencé dès l’enfance par la passion du dessin. A l’adolescence vient la bifurcation : le lettrage, l’acte physique et l’adrénaline de la rue, la liberté, la fraternité et la solidarité des crew…

Poussé par cette énergie, Fabio a commencé dès l’âge de 14 ans à poser sur les spots madrilènes son blaze DOURONE, que l’on peut comprendre sous la forme DOUR-1, sous-entendue le 1er à poser le blaze DOUR.

Ce blaze DOUR ne traduit rien d’explicite. Seule la forme graphique des lettres a intéressé le jeune graffeur. Ce choix de lettres “rondes” n’étonne en rien aujourd’hui : son style est fait de courbes et d’harmonie, où les formes rigides et anguleuses sont absentes.

« Penser avec le cœur, Sentir avec sa tête »

Cet oxymore de l’écrivain et journaliste uruguayen Eduardo Galeano est depuis plusieurs années au coeur de la démarche créative de Dourone. Le mouvement « SENTIPENSANTE », dont Galeano est le fondateur, est un néologisme créé par la contraction des mots “sentir” et “penser”. Cette unité complexe, une “dialogique” selon Edgar Morin, invite à l’ouverture et au dépassement des paradoxes, à ne pas diviser mais à réunir. Cela se traduit dans le travail de Fabio par une démarche à la fois intellectuelle et émotionnelle.

Ses oeuvres, souvent oniriques, mélangent symboles et représentations de notre humanité. Difficile de nommer son style ; lui-même se refuse à l’exercice. A cette question, il répond toujours avec simplicité qu’il ne serait définir son style autrement que par les valeurs qu’il veut transmettre : Liberté, Respect et Diversité.

Les courbes que dessine et peint Fabio sont des confins qui font naître de ses oeuvres un sentiment de profondeur. Nettes et franches, elles scindent les couleurs et créent des contrastes forts entre ombre et lumière. Elles forment des visages élégants, souvent féminins, qui se fondent dans un décor onirique, parfois clair et céleste, parfois sombre et cosmique, où flottent des symboles de positivisme (+), d’infinité (∞) et de philanthropie.

Si Fabio aime le noir & blanc qui le rapprochent d’une de ses passions, la gravure, il est aussi un amoureux des couleurs. Souvent chaudes, elles sont parfois inspirées par le contexte de l’œuvre : Teintes ocre et bleu Majorelle au Maroc, bleu profond et océanique à Boulogne-sur-Mer ou encore bleu azur sur l’immense façade d’un gratte-ciel de Kiev.

Le talent de Fabio est enrichi depuis 2012 par la présence à ses côtés d’Élodie Arshak, alias Elodieloll. Bien plus qu’une simple partenaire de vie et de travail, Élodie fait partie de l’équation créative et artistique de Dourone. S’ils aiment l’un et l’autre dire que 1+1=3 (“le tout est supérieur à la somme des parties” en quelque sorte), c’est parce leur complémentarité permet de réaliser et de professionnaliser leur besoin vital de parcourir le monde en quête de toujours plus d’expériences de vie, de rencontres et d’humanité.

D’abord communicante, puis assistante artistique, Élodie est aussi (et d’abord) la muse de l’artiste. Les portraits féminins peints par Dourone ont presque tous les traits fins, typés et ciselés du visage d’Élodie. Et que dire des yeux… noirs et profonds, parfois force attractive, parfois grave à l’image des grandes causes sociales et environnementales que défendent le duo, et en particulier la lutte contre la discrimination des femmes, les combats écologiques ou encore le respect de la diversité.

L’oeuvre n’est pas la seule finalité.

Savoir prendre son temps, être à l’écoute des gens et en harmonie avec le support, donner du sens à l’oeuvre, en lien avec sa genèse et ceux qui l’ont initiée, rencontrer les personnes présentes pendant sa réalisation, offrir à la foule anonyme une oeuvre sincère qui ne souffre d’aucune négociation avec leurs valeurs… autant d’éléments qui font que le processus de création et de réalisation est aussi important que l’oeuvre elle-même.

Le paradoxe pour ce peintre urbain, mondialement connu et reconnu pour son travail, est qu’il ne se considère pas (encore) comme un artiste. A cette contradiction sur ce qu’il est, et à ceux qui l’interrogent sur l’alternative possible qu’aurait pu être son activité s’il n’avait pas pris la voie artistique, un plan B en quelque sorte, il répond avec humilité : “mon plan B : devenir un artiste”.

 

Laurent Sanchez

www.street-art-avenue.com